Colisée de Roubaix, 17 mars 2026

Trois ans presque jour pour jour après sa précedente tournée, Suzanne Vega vient reposer ses valises en Europe, et en France en ce qui nous concerne. Une semaine après sa venue à Béthune et une date parisienne à La Salle Pleyel, elle vient nous présenter son nouvel album, lors d’un Flying With Angels Tour, en référence au titre de cet opus.Ses valises, à l’instar de ses chansons depuis plus de quatre décennies, sont lestées de morceaux de vies, parfois lourds à porter, parfois plus légers, images d’un quotidien souvent plus sombre que lumineux que partage une grande partie du monde, ce qui fait le succés de certains de ses titres qui restent intemporels et n’ont de cesse d’accompagner les auditeurs.Si elle n’a plus les faveurs d’un grand public comme à ses débuts, elle n’ en reste pas moins une figure marquante du New York des années 80.

La régularité et la qualité de ses nombreux albums lui ont permis de conserver un noyau de fans fidéles et présents lors de ses concerts. Dans la lignée d’un Lou Reed auquel elle rendra hommage, au travers du côté sauvage de Walk On The Wild Side (dont elle assume les paroles parfois crues du titre en question) elle s’inscrit dans la mythologie qu’à fait naitre cette ville à travers des récits mis en musique.

Un set généreux de plus d'1h30

Un set généreux de plus d’1h30 constitué de classiques, dont Luka, titre emblématique de ses débuts, qui ne doit cependant pas nous faire oublier d’autres chansons comme Left Of The Center, ou le superbe Marlene On The Wall, avec lequel elle ouvre le concert.Elle présentera 5 titres de son nouvel album, titres qui ne dénotent pas avec les plus anciens et confirment la qualité de ses compositions. Accompagnée depuis de nombreuses années du guitariste Gerry Leonard, Irlandais exilé à New York, qui fût une des fines lames des denières années de David Bowie, elle forme un duo de guitares qui fonctionne pour le mieux, mélant l’acoustique et l’électrique au service des chansons.

L’adjonction d’une violoncelliste en la personne de Stephanie Winters donne une profondeur aux chansons, tout comme quelques programmations rythmiques qui contrebalancent le côté tout acoustique. Entre les chansons, Suzanne se livrera sur ses expériences personnelles : sa rencontre avec Françoise Hardy, ses premières amours, sa vision de la liberté d’expression dans son pays en proie au chaos ou encore sa découverte de Leonard Cohen. Suzanne ne manquera pas de rendre hommage à son comparse Irlandais en ce jour de Saint-Patrick avec le titre Galway. Le public lui offrira une ovation en fin de concert, consécration amplement méritée, pour une prestation qui reste comme un moment suspendu, qui bien que trop court, restera longtemps dans les mémoires des personnes présentes lors de cette soirée.

Photos+ texte: Jérôme Vasseur