Le rock sombre et viscéral de Lille, à découvrir là où la scène régionale prend toute sa place.
À suivre : Le Bastion version nerfs à vif.
En exclusivité l’interview de Seedy Liars lors du premier jour du Mainsquare 2026
Le rock lillois à nerfs vifs
Seedy Liars défend une musique amplifiée venue de Lille, avec un rock alternatif aux sonorités sombres, épaisses, parfois viscérales.
Le groupe appartient à cette famille de formations qui ne cherchent pas le lisse : ils travaillent la tension, les envolées, les contrastes entre lourdeur et respiration.
Sur Le Bastion, leur présence a une valeur symbolique forte.
Jouer au Main Square, à Arras, quand on vient de la région, ce n’est pas seulement ajouter une date à un calendrier : c’est entrer dans une vitrine importante, devant un public plus large, parfois moins préparé, mais souvent très réceptif quand l’énergie est sincère.
On ira les voir pour vérifier une chose simple : est-ce que le rock local peut prendre la scène sans complexe ? Tout indique que oui.
Et c’est précisément le genre de pari que La Compagnie Artistique aime suivre.
Ce que nous voulons absolument voir
Des guitares sombres, une intensité physique, une vraie présence de groupe et la fierté régionale qui se transforme en énergie.
Pourquoi l’intégrer à notre parcours
Parce que Seedy Liars apporte une couleur précise à cette édition : le bastion version nerfs à vif. Dans une journée de festival, ce type de rendez-vous permet de passer d’une simple programmation à un vrai itinéraire artistique. L’objectif n’est pas seulement de voir un nom, mais de comprendre ce qu’il peut provoquer dans le contexte très particulier de la Citadelle d’Arras.
En exclusivité l’interview de Seedy Liars lors du premier jour du Mainsquare 2026
Quand vous avez appris que vous avez été sélectionné pour les Bastions, quelle a été votre première réaction ?
Waouh. Descente d’organe ! Moi, je n’ai rien compris. Je pensais que c’était une blague. Et après… En fait, je n’ai rien compris.
J’étais dans le déni absolu. On a eu un peu du mal à y croire au début. C’est dur à réaliser.
Et c’est tellement symbolique pour nous que forcément… On vient tous du village, du coin. Et donc… Forcément…
Quand vous êtes montés sur scène, ça a été quoi, vos réactions ? Il y avait des fans qui étaient là…
J’ai eu énormément d’émotions. Énormément d’émotions de voir la famille, les potes, tout le monde. Forcément, beaucoup d’émotions. Et puis, beaucoup de fierté personnelle, aussi.
C’est-à-dire, on y est, quoi. On est arrivé à ce step-là.
Est-ce que vous pouvez rappeler un petit peu, depuis combien de temps vous jouez ensemble?
En fait, ça fait 5 ans qu’on joue ensemble, tout simplement. Ouais. 5 ans pour arriver ici, c’est cool, quand même.
C’est cool. C’est génial.
Parce que j’ai vu que, la plupart du temps, vous aviez fait plusieurs bars, etc. Vous vous considériez plus comme des groupes qui jouaient dans des bars etc. Vous vous trouvez là, c’est autre chose…
Bien sûr. Ca nous change des bars.
Là, je te dirais que ça fait quand même un an qu’on a accès à des salles qui sont un peu grosses, quand même. Par exemple la Bulle Café, à Lille, le Supersonic à Paris.
Ça fait un an qu’il y a une petite expansion au niveau des salles. Mais là, c’est sûr que le Main Square, c’est… Le Main Square, c’est l’apothéose du truc, en fait. Et même au niveau fonctionnement, le son, tout ça, c’est chouette.
Tu as des conditions qui sont folles. Tu t’entends à merveille.
C’est beaucoup de travail, mais qui est hyper plaisant à faire, qu’on adore, parce qu’on est passionnés de son, tout simplement, quoi.
Mais j’ai vu que, vous me dites 5 ans, mais j’ai vu que Seedy Liars est né quand vous étiez au lycée, non ? Ça ne fait pas 5 ans que vous étiez au lycée, quand même ?
Il y a 5 ans, on passait notre bac, en tout cas. Il y avait un besoin urgent de faire de la musique, déjà. Certainement pas pour draguer, mais pour sûr, c’était juste un besoin de s’exprimer.
Et en fait, au-delà de ça, être dans un groupe a été très important pour nous, juste de faire ça ensemble, parce qu’on s’aime beaucoup, on est 4 potes, donc on a juste eu le besoin de s’exprimer, et c’est passé par là. En fait, comme pour d’autres, ça passe par d’autres moyens, par le sport ou par d’autres choses, mais c’était juste la musique.
C’est donc une évolution plutôt rapide, quand même, pour vous, finalement.
Ouais, parce qu’on essaie d’être fidèles à nous-mêmes au maximum, donc forcément, ça va tout seul, en fait, comme on est fidèles avec nous-mêmes, on essaie d’être bien avec tout le monde, d’être respectueux, c’est cool, on fait notre mieux pour être fidèles à ce qu’on aime et à ce qui nous fait vibrer, donc forcément, ça coule un peu, c’est cool.
Et donc, quand je vous ai vus sur scène, au niveau du son que vous avez, c’est plutôt un son très rock, et au niveau des influences, je vois ton tee-shirt Sonic Youth, donc voilà, ça vient de où, ce son-là ?
Nos influences, ça va de Queens of the Stone Age, Idles, Deftones, RATM, donc Noise Rock au Post-Punk, au Stoner, au Garage, et tout ça, on essaie de le synthétiser en une musique qui est singulière à nous-mêmes, en fait.
Et ce qui est cool avec vous aussi, c’est de mélanger les deux voix, c’est quelque chose qui était important pour vous, justement, de jouer sur ces deux voix-là ?
En vrai, on a deux timbres, deux voix, quand même, qui se différencient pas mal et qui, je trouve, vont quand même très très bien ensemble, et c’est deux manières de s’exprimer très différentes. Je trouve que dans ton champ, il y a quelque chose de plus agressif, plus dans l’attaque et où je vais, moi, plus planer et essayer de voler au-dessus de ce qui se passe au-dessus, enfin, au-dessous de ce qui se passe. Il y a un peu de douceur, mais en même temps… Il y a une douceur, mais un peu incisive.
C’est une douceur un peu saillante. Il y a pure explosion. Ça se mélange bien.
Franchement, je ne voyais rien d’autre que Martin sur les couplets, comme sur plein d’autres morceaux, où on a quand même beaucoup cette discussion de savoir s’il a envie de poser sa voix et de s’exprimer aussi de cette manière-là.
En vrai, ce sont des discussions qu’on a quand même, je pense, tout le temps, dès qu’on compose et dès qu’on travaille des morceaux, de savoir comment lui aussi, il a envie de s’exprimer, parce qu’il a aussi cet accès à ce micro-là, et que moi, j’ai envie de lui laisser cette place aussi.
Et donc, quand je regarde un peu ce que vous avez fait, j’ai vu qu’en 2024, vous aviez sorti Veins. En 2025, A Modern Despair. Et quand on écoute les deux, c’est quand même assez différent.
C’est très différent. Il y a quand même une évolution. En fait, Veins, on l’a enregistré longtemps avant de le sortir, et il a pris pas mal de temps à sortir, ce qui fait que quand il est sorti, on était déjà sur autre chose, et on avait déjà commencé à travailler, à approfondir notre son. Donc, A Modern Despair est venu assez naturellement.
On avait juste besoin de sortir ça, et c’est venu assez naturellement. Donc forcément, il y a un changement, parce que temporellement, il y a un gros état en réalité. Parce que en 2023, on est sur Veins, et on est à mort dans le Grunge, Nirvana, Alice in Chains.
On fait beaucoup de reprises de Grunge quand même. R.A.T.M. aussi. Et puis après, les influences, elles changent, on écoute tous des groupes différents, on se branche tous ensemble.
On évolue tous personnellement aussi. On grandit, donc forcément, ce qu’on écoute, ça change assez rapidement.
Et c’est facile à gérer, les influences différentes de chacun ?
C’est vrai, ils se rejoignent quand même beaucoup. Au tout début, forcément, il y a eu des discussions, on apprenait à se connaître. Honnêtement, aujourd’hui, c’est incroyable.
On est tous très alignés sur ce qu’on aime et ce qui nous parle. Même s’il y a quelqu’un qui ne capte pas ce qu’on aime dans un certain groupe par exemple, on en parle et on arrive vraiment à être assez alignés là-dessus. Donc c’est assez simple, très simple.
Et donc là, après le Main Square, vos attentes, c’est quoi ?
C’est d’avoir accès à d’autres concerts, d’autres scènes. Nous, avoir plus de visibilité, jouer un peu partout. Jouer un peu plus loin aussi.
C’est étendre le projet à mort. Il y a une vraie expansion du groupe, il y a de toucher un maximum de personnes.
Et là, le fait de jouer ici, ça vous a permis d’avoir des contacts supplémentaires ? De voir d’autres groupes ?
Sur un futur assez proche, je pense que oui, évidemment.
On espère. Ça reste quand même une scène avec des artistes émergents. Donc ça me paraît quand même assez logique qu’il y ait des gens qui sont dans le milieu, qui soient un peu présents quand même.
Mais ça reste le futur de ce qui va arriver sur la scène. Forcément, j’espère que ça va arriver dans un futur assez proche.
