Une brume pop-électro pour ceux qui aiment les climats, les voix et les paysages intérieurs.
À suivre : La délicatesse électro qui mérite l’écoute.
Lors de notre première journée nous avons eu plaisir à interviewer Nur. Decouvrer Nur au Mainsqaure 2026
La voici en dessous
La brume électro à écouter vraiment
Nûr est un duo synthpop entre Lille et Marseille, porté par Agathe Lefebvre et Juliette Sebesi.
Leur musique avance entre dream pop et électronique, avec des guitares éthérées, des synthés, une clarinette qui apporte une couleur rare, et une voix souvent mélancolique.
C’est une proposition atmosphérique, mais pas figée : elle peut devenir entraînante, presque hypnotique, en installant peu à peu une marche entre ombre et lumière.
Sur Le Bastion, scène dédiée aux talents des Hauts-de-France, Nûr représente exactement ce que l’on aime aller chercher : un univers en construction, singulier, délicat, qui ne ressemble pas aux machines de guerre des grandes scènes.
Ce concert demandera peut-être une attention particulière, mais il peut offrir une vraie récompense : celle d’entrer dans un paysage sonore et d’en ressortir avec une image, une sensation, une couleur.
Ce que nous voulons absolument voir
La clarinette, les nappes électroniques, une montée brumeuse et un public qui accepte de ralentir pour mieux ressentir.
Pourquoi l’intégrer à notre parcours
Parce que Nûr apporte une couleur précise à cette édition : la délicatesse électro qui mérite l’écoute. Dans une journée de festival, ce type de rendez-vous permet de passer d’une simple programmation à un vrai itinéraire artistique. L’objectif n’est pas seulement de voir un nom, mais de comprendre ce qu’il peut provoquer dans le contexte très particulier de la Citadelle d’Arras.
Lors de notre première journée nous avons eu plaisir à interviewer Nur. Decouvrer Nur au Mainsqaure 2026
Quelle a été votre première réaction quand vous avez su que vous alliez faire les Bastions?
On était ravies, je ne viens pas d’ici mais c’est un festival qui est hyper important ici dans la région. C’était une super date, on était très contentes de cette proposition et d’avoir été sélectionnées pour y jouer. Ça s’inscrit dans un territoire qui est le territoire du Nord et qui nous accompagne depuis le début du projet.
On a été accompagnés par beaucoup de salles et beaucoup de structures ici. C’est une création de plusieurs années de travail, on est super contentes et on s’est bien amusées.
Ce n’était pas la première fois, en plus c’est toi qui étais déjà venue avec Lena Deluxe …
Oui, tout à fait, carrément , bien vu.
Pour rappeler un petit peu l’histoire du groupe, depuis combien de temps vous existez ?
On s’est rencontré en 2022 à la suite d’une résidence de musique.
On a décidé de monter le projet. Très vite, on a eu un peu un coup de foudre musical. On s’est dit qu’il y avait un truc, une alchimie, il faut vraiment qu’on continue à travailler ça.
Très vite, on a continué à se voir et à composer des morceaux.
Quand on voit le groupe, vous deux sur scène, il y a quand même les sonorités très électro, et aussi la clarinette qui intervient. C’est quelque chose de plutôt original dans le groupe. Ça vous est venu comment cette idée-là ?
Nos instruments premiers, c’était la guitare et la clarinette. Ce qui nous intéresse vraiment, c’est de trouver l’équilibre entre organique et électronique.
On est toujours dans cette frontière-là d’amener des instruments plus traditionnels, comme la clarinette, ou plus acoustiques, comme la guitare, et d’essayer de leur donner une vraie couleur et une vraie place dans la musique électronique. C’est notre vrai recherche et travail dans chaque morceau.
Au niveau des textes, au niveau de vos morceaux, en fouillant un petit peu, j’ai vu que ça parlait beaucoup de voyage, etc. Est-ce que ça a une référence à toi qui as vécu pas mal à l’étranger ? J’ai vu Burkina Faso, Grèce, etc.
C’est incroyable ces renseignements ! J’avoue, on ne nous l’a jamais dit ça. C’est vrai que j’ai beaucoup voyagé avant même de faire de la musique.
J’ai commencé la musique plutôt sur le tard, et c’est sûr que ça m’a beaucoup influencée. Le fait de voyager m’a ouvert sur beaucoup de musique. Mais je pense qu’aussi, pour l’écriture, Agathe est fan de cinéma.
On parle beaucoup de cinéma. Le fait que moi j’habite à Marseille, et Agathe à Lille, on dit que le train c’est notre troisième membre à part entière du groupe. Et du coup, ces traversées forcément nous inspirent.
Et on parle de voyages, mais pas que. Après c’est sûr qu’on aime bien penser nos morceaux comme des traversées.
Et on est très influencés, très inspirés par le cinéma, notamment David Lynch, avec des choses qui font voyager de plein de manières. Et donc l’idée c’est de penser nos morceaux un petit peu comme des images, comme des sensations. En tout cas, essayer de provoquer ça chez les auditeurs et les auditrices.
Effectivement, on s’est pensé un petit peu comme des traversées. Le fait que Juliette soit à Marseille, et qu’il y ait beaucoup de trains, de déplacements à chaque fois qu’on doit se rejoindre, ça joue forcément dans notre approche de la musique.
Et donc quand on écoute un petit peu les différents morceaux que vous avez pu faire, les derniers morceaux, on sent quand même qu’au niveau du son, il y a une évolution quand même.
J’ai vu qu’il y avait eu des résidences au Grand Mix ou des trucs comme ça. Est-ce que justement ces résidences-là, ça vous apporte des choses qui vous influencent après ?
Ouais, carrément. On a eu la chance d’être accompagnés pendant un an par le Grand Mix.
Et c’était vraiment une super expérience. C’est un endroit où on se sent super bien. Et on a pu effectivement faire des résidences de création, mais aussi des résidences de travail de son, des résidences de coaching scénique.
On a aussi enregistré une live session. Et après je pense que nous aussi on a mûri un peu notre musique et on a décidé de faire des choix vers où on voulait aller, d’être plus ancrées. Et là justement on vient de sortir d’un enregistrement et on en est très fières.
Et je pense qu’on est à un endroit où on n’a jamais été aussi proche de ce qu’on avait envie de faire et ce qu’on avait envie de montrer. Et on a hâte que ça sorte quand on va montrer aussi ces nouvelles couleurs.
Mais j’ai vu aussi que vous aviez bossé quand même avec beaucoup d’écoles sur des projets avec des classes de CM1, etc. C’est quelque chose qui vous est important : le partage, la transmission ?
Exactement, c’est quelque chose qui est super important pour nous. Là on en a aussi prévu pour l’année prochaine et on essaie d’en avoir tous les ans. Ça nous permet de rencontrer les gens d’une autre manière.
C’est vrai que quand on joue dans des SMAC ou dans des gros festivals ou même dans des plus petites dates, c’est compliqué d’avoir les retours directs des gens. Disons que ce n’est pas forcément prévu pour. Et le fait d’aller directement à la rencontre des gens, de travailler avec eux, d’aller voir ce qu’ils aiment et d’essayer de se nourrir les uns les autres, c’est hyper enrichissant et ça nous permet aussi d’avancer.
Et ça nous nourrit aussi ces échanges-là. Du coup, avec les jeunes, c’est la même chose. On travaille avec eux sur plusieurs formats.
Une façon différente de travailler aussi ?
Totalement, oui. C’est de la rencontre aussi, donc on se nourrit aussi mutuellement beaucoup de ce qu’on échange avec les gens sur le moment. Et c’est ce que tu dis, c’est différent de la scène où nous on adore jouer sur scène.
Mais c’est sûr que tu ne rencontres pas les gens qui t’ont vu jouer. Là, ce sont souvent des moments qu’on adore et on a l’impression que c’est des petites colos. À la fin, on n’a plus envie de se séparer des gens avec qui on a eu l’occasion de travailler.
On a fait avec des publics assez variés et on est très contentes à chaque fois. Ça met beaucoup de sens aussi à notre pratique artistique.
Pour moi, c’est cool. Juste aujourd’hui, vous avez fait le Main Square. Vos attentes par rapport à ça ?
Continuer à jouer, avoir plein de propositions nouvelles pour d’autres dates et des festivals.
Est-ce que toi Louise, tu as des questions ? Bonjour, je ne travaille pas du tout pour le même média. Mais j’ai une question.
Quelle est la question qu’on ne vous a pas posée et que vous aimeriez qu’on vous pose ? C’est la question que je pose à mes élèves à l’oral de premier.
C’est sûr qu’un sujet qu’on mentionne rarement, c’est le fait qu’on soit deux femmes, deux femmes queer sur scène et que tout ce que ça représente pour nous, puisqu’en effet, il y a quand même une forme d’invisibilisation des femmes sur scène, en tout cas, on est quand même moins nombreuses que les hommes, et tout ce que ça représente en termes de chemin personnel, parce que c’est dur de s’affirmer, c’est dur de se sentir légitime, c’est dur d’arriver parfois sur des plans avec des techniciens qui n’ont pas forcément envie de faire travailler des femmes, etc.
Donc c’est aussi pour nous l’occasion d’avoir une petite pensée politique. On est très contentes d’être là, on espère que ça donnera peut-être envie à d’autres femmes, d’autres personnes minorisées de monter sur scène, de prendre la place parce que c’est super important qu’on soit là et qu’on prenne cette place-là finalement, parce que c’est la seule manière qu’on aura de la prendre, on ne nous la donnera pas.
Pour s’exprimer aussi…
Exactement, et puis les élections arrivent tranquillement, donc c’est sûr que ce sont des sujets qui nous touchent et qui vont au cœur de ce qu’on est et de nos métiers, donc voilà.
Merci beaucoup.
Merci à vous. C’est vraiment une bonne question.
