Chronique film Insidious – l’invasion du lointain
Insidious : une nouvelle porte s’ouvre sur le Lointain ?
Après six films, la saga Insidious continue d’explorer son fameux « Lointain », cette dimension parallèle peuplée d’âmes perdues et d’entités démoniaques.
Petite remarque au passage : le titre spoile l’intrigue principale. Rien qui gâche réellement le film, mais certains éléments prennent forcément un autre sens lorsqu’on comprend ce qu’il annonce.
Pour ce nouveau film, changement de famille : direction Gemma, une jeune mère qui élève seule sa fille dans la maison de son enfance et découvre qu’elle possède un pouvoir particulier : elle peut voyager dans le Lointain, mais surtout, elle peut en ramener certaines choses dans notre monde.
Et c’est justement cette nouvelle possibilité qui m’a particulièrement intéressé.
Depuis le premier film de James Wan, Insidious repose sur le voyage astral et cette frontière entre notre monde et le Lointain. Ici, le film propose quelque chose de différent en donnant à Gemma un pouvoir qui rend cette dimension beaucoup plus concrète.
Les premières minutes sont d’ailleurs parmi les plus réussies.
Visuellement, le film propose des idées originales et inventives, tout en jouant sur des peurs assez primaires : le noir, les espaces exigus, le fait d’être coincé… et même le dentiste !
Le film aborde également le lien maternel et la transmission du traumatisme. Dès la scène d’ouverture, un trauma s’installe et va progressivement peser sur Gemma, tandis que l’hérédité de la folie semble se transmettre de génération en génération. Avec un
casting très féminin, une forme de sororité se dégage également, apportant une touche différente à la saga.
Mais malheureusement, toutes les idées ne sont pas aussi bien exploitées.
Le principal problème reste cette impression de déjà-vu. Les allers-retours entre le monde réel et le Lointain deviennent parfois prévisibles et certaines scènes étirent volontairement l’attente du jump scare.
La tension et le stress sont pourtant bien présents, mais difficile d’oublier le fameux «Fireman » du premier Insidious.
Et puis il y a Élise (attention Spoilers)
J’adore ce personnage, mais son retour donne parfois l’impression de cocher une case de la franchise. Elle permet surtout d’expliquer à Gemma ce qui lui arrive et de rappeler certaines règles aux spectateurs qui découvriraient la saga.
Même constat avec les anciennes entités : revoir le démon, la vieille dame ou les jumelles fera plaisir aux fans (j’avoue j’en fais partie), mais leurs apparitions restent finalement assez anecdotiques.
On ressent parfois trop les mécanismes de la franchise. Même la tatoueuse m’a semblé un peu « too much ».
Pourtant, lorsque le film ose explorer son univers, il devient beaucoup plus intéressant. Le démon principal est particulièrement réussi : obstiné, terrifiant, avec une présence qui m’a parfois rappelé l’entité de Sinister. La scène de la cabane et des coussins est également très efficace et particulièrement claustrophobique.
J’ai surtout aimé découvrir davantage le Lointain et ses nouvelles entités. Le pouvoir de Gemma apporte quelque chose de concret et ouvre énormément de possibilités. C’est justement ce qui me frustre : le film possède une excellente idée, mais ne va peut-être
pas assez loin avec elle.
Arrêtons les couloirs sombres et les apparitions soudaines. Faisons entrer les entités directement dans notre monde.
Car après six films, Insidious possède encore un formidable terrain de jeu. Il lui reste simplement à oser davantage s’en servir.
Et restez quelques minutes après le premier générique : une scène supplémentaire vous attend.
